Toodè Janvier (bis)
 
 
 
 
 Dernières nouvelles
 

Nous venons d'apprendre par par frère Lionel que les deux maisons où les OSFS ont des jeunes en formation et postulants n'ont pas été détruites et que tout le monde est bien en vie.

Dans la troisième maison, celle du Père Tom Hagan (Hands Together), où nous avons aussi nos aspirants, nous apprenons que malheureusement deux aspirants sont morts et que la maison a été totalement détruite.

Le Père Thomas Moore qui était porté disparu est vivant sans blessure sérieuse .

Padre Miguel (Supérieur provincial d'Amérique du Sud) et Padre Carlos (Supérieur d'Haïti)
 

Il m’a été, une fois, reproché d’être en retard pour mon Toodè…

Cette fois, j’ai essayé de prévoir et lundi je vous écrivais le mot de ce mois que vous aurez probablement reçu.

Ce soir, jeudi, je me sens obligé de vous faire un Toodè « bis ». Et excusez-moi si je m’y implique encore plus.

Alors , d’abord « Bonne Année »… Mais, maintenant mon ironie est consommée.

Alors que nous sommes prompts à nous lamenter des conditions de circulation « dans cet hiver pourri »…, les nouvelles qui nous viennent d’Haïti sont plus qu’inquiétantes.

Pour moi, elles vont probablement m’empêcher encore de dormir.

Il y a trois ans, très exactement à la même période de l’année, j’étais à Port-au-Prince.

J’étais arrivé pendant la période la plus dure des combats et des massacres qui sévissaient à Cité Soleil, où je visitais un de nos confrères Oblat. L’ONG humanitaire dont il était –et est toujours (je viens d’apprendre qu’il est vivant)- responsable, était la seule à oser rentrer (la police avait déserté, les autres humanitaires avaient « pris du recul ») dans ce bidonville de 200 000 habitants, où les « gang’s leaders » faisaient la loi par les armes. J’y suis allé cinq fois avec lui, toutes avec une appréhension compréhensible, et dont deux fois très marquantes : lorsque nous avons été pris dans des tirs d’armes automatiques entre les « gang’s leaders » et les répliques aussi violentes des casques bleus (la MINUSTAH), mais aussi, deux jours plus tard, dans une immense chapelle dont les impacts de balles ne donnait pas tout à fait l’impression de sérénité souhaitée dans ce genre d’endroit, pour une célébration eucharistique très populaire et attendue, avec feu l’évêque émérite des Gonaïves, Mgr Emmanuel Constant, très proche du peuple, et au cours de laquelle j’ai pu apprécier le contact et le prophétisme de cet évêque envers ces mêmes « gang’s leaders »…

J’ai appris aujourd’hui que la maison où j’ai logé est complètement détruite. Deux étudiants Oblats y sont morts.

Je me rappelle aussi qu’il a été question un moment qu’après ma mission au Bénin, j’y sois nommé…

C’est finalement notre Province d’Amérique du Sud qui a pris la responsabilité d’Haïti…

A cette heure, nous avons des nouvelles rassurantes de la seconde maison Oblate de formation à Port-au-Prince, excepté d’un confrère américain dont nous n’avons aucune nouvelle…

« Il faut dépêcher tout bellement », et « fleurir là où on est planté »,… même si le sommeil sera difficile à trouver.