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Il
m’a été, une fois, reproché d’être en retard pour mon Toodè…
Cette fois,
j’ai essayé de prévoir et lundi je vous écrivais le mot de ce mois
que vous aurez probablement reçu.
Ce soir,
jeudi, je me sens obligé de vous faire un Toodè « bis ». Et
excusez-moi si je m’y implique encore plus.
Alors ,
d’abord « Bonne Année »… Mais, maintenant mon ironie est consommée.
Alors que
nous sommes prompts à nous lamenter des conditions de circulation
« dans cet hiver pourri »…, les nouvelles qui nous viennent d’Haïti
sont plus qu’inquiétantes.
Pour moi,
elles vont probablement m’empêcher encore de dormir.
Il y a trois
ans, très exactement à la même période de l’année, j’étais à
Port-au-Prince.
J’étais
arrivé pendant la période la plus dure des combats et des massacres
qui sévissaient à Cité Soleil, où je visitais un de nos confrères
Oblat. L’ONG humanitaire dont il était –et est toujours (je viens
d’apprendre qu’il est vivant)- responsable, était la seule à oser
rentrer (la police avait déserté, les autres humanitaires avaient
« pris du recul ») dans ce bidonville de 200 000 habitants, où les
« gang’s leaders » faisaient la loi par les armes. J’y suis allé
cinq fois avec lui, toutes avec une appréhension compréhensible, et
dont deux fois très marquantes : lorsque nous avons été pris dans
des tirs d’armes automatiques entre les « gang’s leaders » et les
répliques aussi violentes des casques bleus (la MINUSTAH), mais
aussi, deux jours plus tard, dans une immense chapelle dont les
impacts de balles ne donnait pas tout à fait l’impression de
sérénité souhaitée dans ce genre d’endroit, pour une célébration
eucharistique très populaire et attendue, avec feu l’évêque émérite
des Gonaïves, Mgr Emmanuel Constant, très proche du peuple, et au
cours de laquelle j’ai pu apprécier le contact et le prophétisme de
cet évêque envers ces mêmes « gang’s leaders »…
J’ai appris
aujourd’hui que la maison où j’ai logé est complètement détruite.
Deux étudiants Oblats y sont morts.
Je me
rappelle aussi qu’il a été question un moment qu’après ma mission au
Bénin, j’y sois nommé…
C’est
finalement notre Province d’Amérique du Sud qui a pris la
responsabilité d’Haïti…
A cette
heure, nous avons des nouvelles rassurantes de la seconde maison
Oblate de formation à Port-au-Prince, excepté d’un confrère
américain dont nous n’avons aucune nouvelle…
« Il faut
dépêcher tout bellement », et « fleurir là où on est planté »,… même
si le sommeil sera difficile à trouver. |