Ici , tous les 15 du mois: la chronique "toodè" ...
une autre manière de dire Aujourd'hui et de lire
ou relire les événements avec les verres teintés de François de Sales ...

 Odeurs : ode des espoirs !

Thierry M 

Année 2010
Juin
 

N° 118


Forum pour
 réagir à  Toodè


Les Dossiers
de Toodè


Archivages des
Toodè parus

En ce matin, en attente d’été, je suis devant ma boite de Ricorée dédiée à l’énergie ! Si l’odeur de la poudre n’est pas exaltante la déco du produit, très « Tour de France », fait partir, du bas de la  boite,  des  ombres de coureurs qui montent, qui montent ... qui montent ! J’ai beau faire le tour de la boite ils ne  redescendent jamais !  Alors  que vont  faire les forts en descente ?

Je crois, bien sûr, que plus nous prenons de hauteur plus nous pouvons rétro-regarder le chemin parcouru. Et mettre à profit le temps de relecture que la pause estivale nous offre ! Mais que je sois en haut d’un défi, en réussite  ou en bas dans l’ornière, ou encore sur le replat de la routine  ou du repos, c’est la vie que je veux  promouvoir, relire... Retracer à distance, quelque chose de ma vie vécue, en redonner un peu de goût ;  en extraire les meilleurs saveurs !  

Vivement l’été et ses variations parfumées ! Vivement  le grand air pour se libérer du rance et des phobies de virus... les vers de l’informatique, les produits toxiques de la finance,   les H1N1 de la fameuse grippe A, ou le terrible HIV et autres listeria ou salmonelle qui jettent le discrédit sur nos saucissons et fromages ! Il est bien à parier que si nous enlevions tous les films protecteurs, fraicheur, et autres emballages de sécurité, bardés d’étiquettes illisibles... la surface de rayonnages de nos hypermarchés serait notoirement réduite. Mais pas question ! Bruxelles travaille à la promotion du risque zéro. La publicité traque et troquent  les odeurs, forcement mauvaise contre des odeurs nouvelles désirées esquisses mais toutes de synthèse  « entièrement fausses et faites par les mains de l’artiste ! » Mais enfin pourquoi  cette traque obsessionnelle, des odeurs, des virus, des imperfections ?  Pourquoi cette quête des fragrances et parfums, de l’excellence et des summum ?

Notre vie n’est pas sans valeur ni sans saveur et par essence elle est odorante, tellement le corps lui-même, est une machine perfectionnée de travail,  transpirante, odorante, par ses flatulences,  ses pets et ses prouts... Une machine qui sait éliminer ses propres déchets, ses impuretés et imperfections.

Avoir tellement de craintes sur les odeurs, sur les virus, sur les imperfections  charnelles  c’est craindre pour la vie et regarder obsessionnellement vers la mort ! C’est en quelque sorte, tout mettre en œuvre  pour «Mourir en odeur de sainteté » alors que l’été arrivant  devrait nous pousser à Vivre en odeur de sainteté ! De devenir plus  saint,  plus proche de l’amour de Dieu, de l’amour du frère !
Car il y a surement en nous, au cœur, tellement de mauvaises odeurs. Et dans nos têtes des mots, des regards, des attentions négligées ou oubliées, retenues ou froidement décidées  pour  punir l’autre,  au fil de l’action des jours... Tout cela laisse un arrière goût âcre ! Cette même amertume ou acidité se propage aussi chez celles et ceux qui en ont souffert !  Alors oui relire c’est redonner saveur à la vie, retrouver les parfums de la vie !

François de Sales ne suggère pas d’attendre l’été pour cela. Il met cette respiration au cœur de la vie en nous expliquant que le temps de la retraite (comme re-trait, trait à nouveau)  met de la distance, crée de l’espace pour que Dieu prenne place : rien de ce qui est humain n’est étranger à Dieu ! Le sanctuaire c’est la rue, le sanctuaire c’est mon propre corps vivant et cœur vibrant.
« Les conversations ne sont pas ordinairement aussi sérieuses que l'on ne puisse de temps en temps s'en retirer et se remettre en Dieu. Veillez donc de faire toujours plusieurs retraites en la solitude de votre cœur,

pendant que corporellement  vous êtes parmi les conversations et affaires; cette solitude mentale ne peut nullement être empêchée par la multitude de ceux qui vous sont autour, car ils ne sont pas autour de votre coeur, mais bien autour de votre corps ! »

Alors faire retraite serait comme entrer en la boutique d'un parfumier : « En recevant le plaisir que l’on prend a sentir ces odeurs on se parfume soi-même, et au sortir de là, on donne part aux autres du plaisir reçu, répandant parmi eux la senteur des parfums contracté.... » TAD 8 CH 1  Chaque baptisé ne répand-t-il pas  jour après jour le subtil  parfum du Saint Chrême ? Bel été !