En ce matin,
en attente d’été, je suis devant ma boite de Ricorée dédiée à
l’énergie ! Si l’odeur de la poudre n’est pas exaltante la déco du
produit, très « Tour de France », fait partir, du bas de la boite,
des ombres de coureurs qui montent, qui montent ... qui montent ! J’ai
beau faire le tour de la boite ils ne redescendent jamais ! Alors que
vont faire les forts en descente ?
Je crois,
bien sûr, que plus nous prenons de hauteur plus nous pouvons
rétro-regarder le chemin parcouru. Et mettre à profit le temps de
relecture que la pause estivale nous offre ! Mais que je sois en haut
d’un défi, en réussite ou en bas dans l’ornière, ou encore sur le
replat de la routine ou du repos, c’est la vie que je veux promouvoir,
relire... Retracer à distance, quelque chose de ma vie vécue, en
redonner un peu de goût ; en extraire les meilleurs saveurs !
Vivement
l’été et ses variations parfumées ! Vivement le grand air pour se
libérer du rance et des phobies de virus... les vers de l’informatique,
les produits toxiques de la finance, les H1N1 de la fameuse grippe A,
ou le terrible HIV et autres listeria ou salmonelle qui jettent le
discrédit sur nos saucissons et fromages ! Il est bien à parier que si
nous enlevions tous les films protecteurs, fraicheur, et autres
emballages de sécurité, bardés d’étiquettes illisibles... la surface de
rayonnages de nos hypermarchés serait notoirement réduite. Mais pas
question ! Bruxelles travaille à la promotion du risque zéro. La
publicité traque et troquent les odeurs, forcement mauvaise contre des
odeurs nouvelles désirées esquisses mais toutes de synthèse
« entièrement fausses et faites par les mains de l’artiste ! » Mais
enfin pourquoi cette traque obsessionnelle, des odeurs, des virus, des
imperfections ? Pourquoi cette quête des fragrances et parfums, de
l’excellence et des summum ?
Notre vie
n’est pas sans valeur ni sans saveur et par essence elle est odorante,
tellement le corps lui-même, est une machine perfectionnée de travail,
transpirante, odorante, par ses flatulences, ses pets et ses prouts...
Une machine qui sait éliminer ses propres déchets, ses impuretés et
imperfections.
Avoir
tellement de craintes sur les odeurs, sur les virus, sur les
imperfections charnelles c’est craindre pour la vie et regarder
obsessionnellement vers la mort ! C’est en quelque sorte, tout mettre en
œuvre pour «Mourir en odeur de sainteté » alors que l’été arrivant
devrait nous pousser à Vivre en odeur de sainteté ! De devenir plus
saint, plus proche de l’amour de Dieu, de l’amour du frère !
Car il y a surement en nous, au cœur, tellement de mauvaises odeurs. Et
dans nos têtes des mots, des regards, des attentions négligées ou
oubliées, retenues ou froidement décidées pour punir l’autre, au fil
de l’action des jours... Tout cela laisse un arrière goût âcre ! Cette
même amertume ou acidité se propage aussi chez celles et ceux qui en ont
souffert ! Alors oui relire c’est redonner saveur à la vie, retrouver
les parfums de la vie !
François de
Sales ne suggère pas d’attendre l’été pour cela. Il met cette
respiration au cœur de la vie en nous expliquant que le temps de la
retraite (comme re-trait, trait à nouveau) met de la distance, crée de
l’espace pour que Dieu prenne place : rien de ce qui est humain n’est
étranger à Dieu ! Le sanctuaire c’est la rue, le sanctuaire c’est mon
propre corps vivant et cœur vibrant.
« Les
conversations ne sont pas ordinairement aussi sérieuses que l'on ne
puisse de temps en temps s'en retirer et se remettre en Dieu. Veillez
donc de faire toujours plusieurs retraites en la solitude de votre cœur,
pendant que corporellement vous êtes parmi les
conversations et affaires; cette solitude mentale ne peut nullement être
empêchée par la multitude
de ceux qui vous sont autour, car ils ne sont pas autour de votre coeur,
mais bien autour de votre corps ! »
Alors faire
retraite serait comme entrer en la boutique d'un parfumier :
« En
recevant le plaisir que l’on prend a sentir ces odeurs on se parfume
soi-même, et au sortir de là, on donne part aux autres du plaisir reçu,
répandant parmi eux la senteur des parfums contracté.... » TAD 8 CH 1
Chaque baptisé ne répand-t-il pas jour après jour le subtil parfum du
Saint Chrême ? Bel été !